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Rue pavée et façades du village de Montmartre

Histoire & patrimoine

Découvrir Montmartre

Ancienne commune annexée à Paris, territoire de carrières, de moulins et de fêtes, Montmartre est devenu un immense atelier avant de devenir un mythe. Sous le décor célèbre demeure un quartier habité, populaire et attentif à sa mémoire.

La Butte en trois temps

Du village aux avant-gardes.

Ces trois dates ne résument pas toute l’histoire, mais elles donnent des points d’appui pour lire les rues, les monuments et les œuvres. Elles montrent comment un territoire rural puis ouvrier a été absorbé par Paris tout en conservant une image et une vie propres.

1860

Montmartre rejoint Paris

L’ancienne commune fait partie des territoires annexés à Paris en 1860 et son espace est partagé entre les 18e et 9e arrondissements. L’urbanisation s’accélère, mais le relief, les anciennes carrières et les moulins maintiennent longtemps une identité particulière. Les rues en pente, les parcelles irrégulières et quelques maisons basses conservent encore la trace de cette transformation progressive.

1871

La Commune

En mars 1871, Montmartre devient l’un des points de départ de la Commune de Paris. L’épisode inscrit durablement la Butte dans une mémoire politique et populaire, nourrie par la présence d’ouvriers, d’artisans et de militants. Les événements dépassent largement le quartier et restent complexes : les comprendre demande de croiser monuments, archives et récits plutôt que de s’en tenir à une seule image héroïque.

1900

L’effervescence artistique

À la fin du XIXe et au début du XXe siècle, loyers modestes, ateliers et lieux de sociabilité attirent peintres, illustrateurs, écrivains et musiciens. Renoir, Toulouse-Lautrec, Valadon, Utrillo, Picasso ou Modigliani fréquentent ateliers, bals et cabarets. Cette effervescence n’efface pas la précarité : la bohème montmartroise naît aussi d’un quartier populaire où l’on travaille, où l’on manque d’argent et où les solidarités comptent.

Guide d’observation

Quatre clés pour lire Montmartre dans la rue.

Le patrimoine ne se limite pas aux monuments : il se découvre aussi dans le relief, les usages et les détails ordinaires.

01

Lire le relief

Escaliers, rues courbes, murs de soutènement et parcelles irrégulières racontent une butte transformée par les carrières puis par l’urbanisation. Le chemin le plus court n’est pas toujours le plus agréable.

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02

Distinguer histoire et légende

La Commune, les cabarets et la bohème ont produit des récits puissants. Comparez les plaques, les collections de musée et les archives : un lieu réel est souvent plus complexe que son image célèbre.

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03

Repérer les lieux de création

Ateliers, anciennes cités d’artistes, imprimeries, salles et cafés forment un réseau. Regardez les cours et les façades, mais respectez les accès privés et les habitants.

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04

Voir le quartier habité

Écoles, marchés, jardins, commerces et associations rappellent que Montmartre ne se réduit pas au sommet touristique. Descendre d’une rue suffit souvent à changer d’atmosphère.

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Rue pavée et façades de Montmartre au petit matin, avec le Sacré-Cœur au loin
Montmartre se lit aussi dans ses pentes, ses façades et ses perspectives.

À voir, vraiment

Les quatre essentiels.

Les horaires et tarifs peuvent évoluer. Vérifiez toujours le site officiel du lieu le jour de votre visite.

Le Sacré-Cœur aperçu depuis un jardin arboré de Montmartre
01

Gratuit · 6 h 30—22 h 30

Sacré-Cœur

Entrez tôt le matin, quand la nef retrouve son calme, ou en soirée pour voir Paris changer de lumière depuis le parvis. La basilique est ouverte gratuitement tous les jours, mais elle demeure avant tout un lieu de culte : une tenue correcte, le silence et le respect des offices sont demandés. Entre 10 h 30 et 17 h, une attente de 10 à 15 minutes peut se former. L’accès avec ascenseur pour les personnes ayant des difficultés de mobilité se fait par le 35 rue du Chevalier-de-la-Barre.

Site officiel ↗
Atelier d’artiste baigné de lumière à Montmartre
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12 rue Cortot

Musée de Montmartre

Installé dans l’une des plus anciennes maisons de la Butte, le musée raconte Montmartre par ses artistes, ses affiches, ses cabarets et ses ateliers. La visite se prolonge dans les jardins Renoir, reconstitués autour des arbres et des points de vue qu’a connus le peintre. Prenez le temps de descendre vers le jardin inférieur : il offre une perspective rare sur le Clos Montmartre et rappelle que ce quartier très visité fut d’abord un lieu de travail et de création.

Site officiel ↗
Vignes du Clos Montmartre et maisons de la Butte
03

14 rue des Saules

Clos Montmartre

Derrière ses grilles, le Clos Montmartre perpétue une tradition viticole réintroduite dans les années 1930 grâce à la mobilisation de Poulbot et d’habitants du quartier. La vigne s’observe facilement depuis les rues des Saules et Saint-Vincent ; l’intérieur du clos, lui, ne se visite qu’à certaines occasions ou dans le cadre de visites guidées. Ce petit vignoble n’est pas un décor figé : les jardiniers de la Ville l’entretiennent au fil des saisons et sa production soutient des œuvres sociales.

Site officiel ↗
Place montmartroise et chevalets à la tombée du jour
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Square Jehan-Rictus

Le Mur des Je t’aime

Le site municipal indique le mur inaccessible pour raisons de sécurité au 9 août 2026. Vérifiez avant de vous déplacer.

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Regarder moins vite, marcher un peu plus loin, laisser une rue ordinaire raconter autant qu’un monument.
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Patrimoine vivant

Huit lieux pour lire le 18e.

Sélection documentée à partir de la Ville de Paris et de la mairie du 18e.

01
14 rue des Saules

Le Clos Montmartre

Planté en 1932 pour soustraire le terrain à la construction, le clos entretient une tradition viticole redevenue pleinement vivante. Les rangs de vigne se regardent depuis les rues des Saules et Saint-Vincent ; l’intérieur n’ouvre que pour des visites ou rendez-vous particuliers. Les jardiniers de la Ville travaillent toute l’année avec des spécialistes, et la production issue des vendanges est liée à une vocation sociale.

Source officielle ↗
02
20 avenue Rachel

Le cimetière de Montmartre

Ouvert en 1825 et classé parmi les sites de la Ville en 2024, le cimetière réunit deux siècles d’histoire artistique et parisienne sous le pont Caulaincourt. Sépultures, chapelles, sculptures et arbres composent un paysage étonnamment calme. La visite demande du respect : repérez les divisions à l’avance, marchez doucement et souvenez-vous qu’il s’agit toujours d’un lieu de recueillement.

Source officielle ↗
03
2 rue du Mont-Cenis

Saint-Pierre de Montmartre

Souvent éclipsée par le Sacré-Cœur voisin, Saint-Pierre compte parmi les plus anciennes églises de Paris et conserve la mémoire de l’abbaye royale fondée au XIIe siècle. Son échelle, son silence et ses strates architecturales offrent une expérience très différente de la basilique. Entrez avec discrétion, regardez les chapiteaux et laissez quelques minutes au lieu plutôt que de le traiter comme un simple détour.

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04
12–14 rue Cortot

Le Musée de Montmartre

Installé dans la Maison du Bel Air, l’une des plus anciennes bâtisses de la Butte, le musée replace les artistes dans les lieux où certains ont réellement vécu et travaillé. Collections, affiches, documents et ateliers évoquent la bohème sans oublier la vie populaire. Les jardins Renoir prolongent la visite dans un paysage plus intime, avec une vue sur les vignes et plusieurs espaces où prendre le temps de regarder.

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05
2 rue Ronsard

La Halle Saint-Pierre

Au pied de la Butte, cette halle de style Baltard accueille des expositions consacrées à l’art brut, à l’art singulier et à des formes de création souvent tenues à l’écart des institutions classiques. Le lieu comprend aussi une librairie, un auditorium et un café. Consultez l’exposition en cours avant de venir : la personnalité de la visite change beaucoup avec la programmation.

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06
rue Junot

Le jardin Junot

Cette bulle verte de 784 m² mêle biodiversité, potager éducatif, lecture, dessin, jeux et pétanque. Plus qu’un simple espace paysager, le jardin est pensé comme un lieu de quartier où différents âges et usages peuvent se rencontrer. Sa petite taille invite à la délicatesse : partagez les bancs, respectez les plantations et laissez la priorité aux activités locales lorsqu’elles sont organisées.

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07
Mont-Cenis · Chappe · Foyatier

Les escaliers de la Butte

Les escaliers du Mont-Cenis, de la rue Chappe, de Foyatier et d’autres passages donnent à Montmartre sa géographie verticale. Ils ne sont pas seulement photogéniques : ils relient des niveaux de ville, imposent un rythme et racontent la manière dont on habite un relief. Montez sans bloquer le passage, gardez la rampe disponible et choisissez les rues en pente si les marches deviennent fatigantes.

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08
Petite Ceinture · 18e

Le Jardin des Traverses

Aménagé sur une portion de l’ancienne Petite Ceinture, le Jardin des Traverses ouvre une promenade entre végétation spontanée, agriculture urbaine et mémoire ferroviaire. Il élargit la découverte au-delà du sommet de Montmartre et montre un autre visage du 18e, plus contemporain et collectif. Vérifiez les accès et les horaires, puis prévoyez ce détour comme une vraie étape plutôt qu’un simple prolongement.

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Montmartre imaginaire

Films, livres
et chansons.

La Butte se visite aussi à travers les œuvres qui ont fabriqué sa légende. Le film noir en a exploité les ombres, la comédie romantique ses rues courbes, la littérature ses pensions et la chanson réaliste ses voix populaires. Revenir aux œuvres aide à distinguer le quartier vécu du décor inventé — et à comprendre pourquoi les deux continuent de se nourrir.

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